La charge mentale fait partie des sujets qui reviennent le plus dans mon cabinet, que ce soit chez des mères, des pères, ou des futurs parents.
On pourrait la résumer à cette phrase qui tourne en boucle dans la tête :
« Il faut que je pense à… »
Et quand on devient parent, cette petite phrase explose.
Rendez-vous médicaux, organisation du quotidien, rythme du bébé, émotions des enfants, logistique, école, repas…
On anticipe, on prévoit, on vérifie, on corrige, on pense pour tout le monde.
Ce n’est pas un simple “stress”.
C’est un système entier qui s’emballe.
Comprendre ce qu’est vraiment la charge mentale
La charge mentale, ce n’est pas seulement “faire les choses”.
C’est penser à tout, tout le temps, même quand on ne fait rien.
Elle peut se manifester par :
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des difficultés à se reposer,
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une fatigue constante,
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l’impression d’être indispensable,
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un sentiment d’injustice,
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la peur d’oublier quelque chose,
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une irritabilité inhabituelle.
J’entends souvent :
« J’aimerais juste que quelqu’un pense à ma place, ne serait-ce qu’une heure. »
Ce besoin, il est légitime.
Pourquoi touche-t-elle davantage les mères ?
Historiquement, les mères ont porté une grande part de l’organisation familiale.
Même quand le couple se partage les tâches, penser pour l’autre reste souvent du côté maternel.
Mais j’accompagne aussi de plus en plus de pères qui portent aujourd’hui cette charge mentale :
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pour soutenir leur partenaire,
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pour s’impliquer davantage,
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ou parce qu’ils se sentent responsables du bien-être familial.
La parentalité moderne crée une nouvelle pression :
être un parent parfait, présent, disponible, patient, compétent… tout le temps.
Personne ne peut tenir ça.
Comment commencer à alléger la charge mentale ?
1. Accepter que l’on ne peut pas tout gérer
On nous a appris que “les bons parents gèrent”.
C’est faux.
Les bons parents savent demander, déléguer, respirer.
2. Se répartir des domaines, pas des tâches
Par exemple :
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l’un gère toute la logistique école,
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l’autre tout ce qui touche aux repas.
Ça évite le fameux : « Tu aurais pu me demander ».
3. Dire ce qu’on ressent, même si ce n’est pas “joli”
En séance, je dis souvent :
Dire qu’on est à bout, ce n’est pas un aveu d’échec, c’est un acte de lucidité.
4. S’accorder du temps seul, sans culpabilité
Une heure de pause peut parfois changer toute une semaine.
C’est un investissement dans l’équilibre familial.
5. Accepter que la perfection n’existe pas
Les enfants n’ont pas besoin de parents parfaits.
Ils ont besoin de parents vivants, présents, ancrés… imparfaits et aimants.
La charge mentale n’est pas une fatalité.
Avec les bons ajustements, et parfois un accompagnement thérapeutique, on peut vraiment retrouver de l’espace, de la respiration, et du plaisir dans la parentalité.
